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"Avec un contenu supervisé par des égyptologues et des centaines d'images provenant de musées et de bibliothèques du monde entier, nous espérons vous faire partager la passion qui nous a animés tout au long des années du développement d'Assassin's Creed Origins."
– Introduction du mode Discovery Tour


Le mode Discovery Tour est une extension éducative du jeu Assassin's Creed: Origins. Elle permet d'explorer le monde durant l’Égypte ancienne et d'apprendre grâce à des visites guidées, le mode de vie des habitants ou encore la construction des pyramides.

Ce mode est disponible gratuitement pour les détenteurs du jeu et achetable séparément sur PC, notamment comme outil d'éducation pour les écoles.

Égypte

Les grandes régions d'Égypte

À l'époque antique, la plupart des Égyptiens vivaient près des berges du Nil, et le pays était séparé en deux régions.

La Basse-Égypte recouvrait le delta du Nil, près de la Méditerranée, tandis que la Haute-Égypte, en amont, s'étendait au sud vers le reste de l'Afrique.

En raison de la proximité de la Méditerranée, les températures étaient moins marquées en Basse-Égypte qu'en Haute-Égypte.

Jusqu'en l'an 3100 avant notre ère, époque de l'unification de l'Égypte, chaque région avait son pharaon et sa couronne.

La couronne de Basse-Égypte était rouge et avait pour symboles le papyrus et l'abeille.

La couronne de Haute-Égypte était blanche et portait pour symbole le lotus et le jonc.

Les deux régions comptaient des villes en concurrence, en particulier Memphis en Basse-Égypte et Thèbes et Haute-Égypte?

Il existait des cultes variés dans les deux régions, chacune vénérant ses propres dieux majeurs.

De nombreux temples furent conçus pour représenter les deux régions, et les cérémonies intégraient souvent la Haute et la Basse-Égypte dans leurs rites.

Le Nil, source de vie

Les anciens Égyptiens appelaient les régions fertiles bordant le Nil "terres noires", alors que le désert était surnommé "terres rouges".

L'important différentiel de productivité des sols entre ces deux types de terres a fortement influencé l'idéologie culturelle, la mythologie et la religion.

Une large part de la civilisation égyptienne était définie par le Nil. Par exemple, le cycle des saisons du Nil était si constant que les Égyptiens en ont dérivé leur calendrier.

La saison des crues, ou Akhet, était celle durant laquelle le fleuve déposait ses limons. Elle était suivie des saisons de culture et de récolte, Peret et Shemou.

La régularité de ces saisons, ainsi que l'abondance de gibier et la richesse des sols, assuraient la subsistance des Égyptiens et la puissance commerciale du pays.

Le Nil, qui s’écoule du sud vers le nord, baignait de ses eaux limoneuses la Haute et la Basse-Égypte.

Toutes les grandes villes d’Égypte ont été bâties le long de cette étroite bande de vie.

Protégée par des montagnes et des déserts formant des barrières naturelles et alimentée par les plantes et la vie sauvage du Nil, la civilisation égyptienne connut une prospérité économique et culturelle pendant plus de quatre millénaires.

Dans leurs langues respectives, les Égyptiens comme les Grecs de l'Antiquité appelaient le Nil "le fleuve".

S'écoulant sur plus de 6 700 kilomètres, le Nil est l'un des plus longs fleuves au monde. Il court du sud au nord, et traverse le territoire de onze pays actuels.

Il prend sa source dans la région des grands lacs équatoriaux avec notamment l'un des plus vastes au monde, le lac Victoria, situé à la jonction de l'Ouganda, du Kenya et de la Tanzanie.

Il traverse des forêts équatoriales, des marais, des régions volcaniques, des steppes et des déserts, se scinde quelque temps et entraîne avec lui des sédiments de toutes ces régions qu'il dépose en Égypte.

Son cours principal, appelé Nil blanc, est rejoint par le Nil bleu à Khartoum. C'est là qu'il incorpore de riches limons et nutriments, qu'il emporte avec lui.

Le Nil, du sud au nord, franchit six cataractes qui sont toutes des obstacles naturels entre les diverses portions de son cours.

Les cataractes sont des zones assez longues d'environ une centaine de kilomètres où l'eau bouillonne et tourbillonne en flots tumultueux qui fusent entre des amas rocheux et des falaises.

C'est au-delà de la Nubie et de la première cataracte que le fleuve rejoint officiellement l’Égypte, à Assouan.

Il lui reste un millier de kilomètres à parcourir avant de rejoindre le Caire et le Delta. Tout au long de son périple, il apportera la vie sur ses berges avant de se jeter dans la Méditerranée.

Dans l’Égypte ancienne, l'irrigation et l'emploi de l'eau reposaient largement sur le Nil. Mais il existait aussi des ruisseaux, des rivières et de grands lacs.

Le delta, situé à l'extrémité nord du Nil, en Basse-Égypte, est une grande région humide où le cours du fleuve se scinde en multiples voies d'eau.

Le delta comportait plusieurs grandes étendues d'eau saumâtre séparées de la mer par de minces rubans de terre.

Mélange de fonds en profondeur variée, de marais saumâtres et de plaines sableuses, ces lacs abritaient de nombreuses espèces animales aquatiques.

On y trouvait aussi des détrousseurs et des bandits cachés dans les roseaux, attendant les voyageurs imprudents.

Les déserts égyptiens

De part et d'autre du Nil s'étendent le désert aride de l'ouest et le désert montagneux de l'est. Ces étendues recouvrent 94 % du territoire de l'Égypte.

Chacun de ces vastes déserts présente son propre micro-climat, et se décompose en déserts plus petits à la flore et à la faune spécifiques.

On a découvert des fossiles de baleines au fin fond du Sahara. Ce lieu, surnommé le cimetière des baleines, démontre que la région a jadis été une mer.

Le Désert blanc du nord-est du Sahara doit son nom à son sol calcaire, dont la teinte contraste avec le jaune du sable.

Le vent a érodé les roches du Désert blanc, il en a fait des champignons de pierre, dont le plus célèbre est surnommé le Doigt de Dieu.

La grande mer de sable est un désert que recouvre l'ouest de l'Égypte et l'est de la Libye.

Il abrite une formation géologique unique appelée "verre de silice de Libye". Ce minéral d'un jaune-vert pâle se présente sous des tailles très variées, du petit caillou au rocher.

Dépression de Qattara

La dépression de Qattara se trouve dans le nord-ouest de l'Égypte.

D'une superficie de 18 000 kilomètres carrés, ce bassin recouvert de sel se trouve à 133 mètres en dessous du niveau de la mer.

C'est le deuxième lieu le plus bas d'Afrique, après la dépression de l'Afar.

La région est très aride et la température moyenne s'élève à 36° Celsius.

La célèbre oasis de Siwa se trouve dans sa portion sud-ouest, une zone protégée.

De nos jours, la dépression de Qattara fait l'objet d'explorations pétrolières.

Siwa

L'oasis de Siwa se trouve dans le désert occidental de l'Égypte.

L'oasis se trouve dans une dépression, à une vingtaine de mètres en dessous du niveau de la mer. Le climat chaud et les sources qui y coulent favorisent la pousse des dattiers.

La région a connu des influences culturelles égyptiennes et africaines, mais son isolement a favorisé la naissance d'une société et d'une langue spécifiques.

Les mêmes divinités y étaient vénérées, pourtant l'architecture des temples de Siwa différait de celle des temples égyptiens classiques.

Les Égyptiens de l'Ancien Empire appelaient l'oasis le "chaudron" en raison de sa géographie.

Les oasis étaient vitales pour les tribus nomades et les caravanes. Sans elles, il aurait été impossible de survivre dans un environnement aussi difficile.

Les oasis sont donc devenues des centres d'échanges ainsi que des centres de pouvoir politique.

Les oasis ne reçoivent presque pas de précipitations. Ce sont des rivières souterraines qui alimentent en eau ces bassins naturels.

De nombreuses oasis étant orientées nord-sud, parallèlement au Nil, certains géologues pensent qu'elles ont été autrefois des bras du fleuve.

Divers éléments tendent à montrer que les Égyptiens ont cherché jadis à créer des oasis.

Les oasis les plus connues sont celles de Libye, car elles sont géographiquement et culturellement liées à la vallée et au delta du Nil.

La géographie de ces oasis occidentales est pourtant différente de celle des autres régions d'Égypte.

Les plus célèbres et les plus importantes de ces oasis sont Al-Kharga, Ad-Dakhla, Farafra, Bahariya et Siwa.

La source du Soleil est l'une des nombreuses sources thermales de Siwa. Elle aurait été nommée ainsi après que Cléopâtre s'y soit baignée.

L'existence de cette source a été mentionnée dès le Ve siècle avant notre ère par Hérodote, à une époque où l'oasis était appelée Ammoneion par les Grecs de Cyrène.

Les oracles prédisaient l'avenir sous une forme plus ou moins… sibylline, et offraient des conseils divins.\n\nL'oracle de Siwa était considéré comme l'un des trois grands oracles du monde antique, avec ceux de Delphes et de Dodone.

En raison de la présence de colonies grecques en Cyrénaïque, le temple associait Zeus à Amon.

Il est donc logique qu'Alexandre le Grand ait affronté les périls du voyage vers Siwa pour y consulter l'oracle, marchant ainsi dans les pas de héros mythiques tels qu'Hercule ou Persée.

Cette visite lui valut l'approbation de l'oracle, qui valida sa prétention au titre de pharaon d'Égypte.\n\nIl fut considéré comme le fils d'Amon, ce qui fit de lui l'envahisseur le plus légitime que le pays ait jamais connu.

Les riches et les puissants envoyaient des présents ou parcouraient de longues distances afin d'obtenir la bénédiction de l'oracle de Siwa. Chaque prédiction qui se réalisait renforçait le prestige de l'oracle.

L'athlète Eubotas, célèbre habitant de Cyrène, a consulté l'oracle afin de savoir s'il remporterait la course lors des 93es jeux Olympiques, en 408 avant notre ère. Il la gagna et accrut par la même occasion la renommée de l'oracle de Siwa.

Le temple de l'oracle d'Amon a été bâti au VIe siècle avant notre ère par le pharaon Amasis.

Dans le jeu, son entrée est gardée par des sphinx à tête de bélier, l'animal représentant Amon. Ils ont été inspirés par des statues similaires exposées au British Museum.

Il aurait été tout aussi envisageable d'employer un modèle de Zeus-Ammon d'influence grecque : un sphinx à tête humaine dotée de cornes. Cette représentation de Zeus-Ammon était très présente à Siwa.

Le Fayoum

L'oasis du Fayoum est un vaste bassin du désert occidental formé par les crues du Nil. Il ne s'agit pas d'une authentique oasis, mais elle a donné son nom à la région, qui comprend le lac Moéris.

L'oasis abrite certains des trésors archéologiques les plus anciens de la région. Ces derniers prouvent qu'elle a été habitée par des chasseurs-cueilleurs dès le néolithique.

L'oasis du Fayoum se jette dans le lac Moéris, un grand lac d'eau douce qui est ensuite devenu une étendue d'eau salée.

Pendant la XIIe dynastie, les Égyptiens érigèrent un barrage et creusèrent un canal afin d'utiliser le lac comme réservoir.

L'irrigation permit de cultiver figues, raisins et olives tout au long de l'année.

Les embarcations les plus courantes des eaux intérieures d'Égypte étaient les barques de roseaux, les felouques, les trirèmes et les kerkouros.

Ces bateaux étaient utilisés pour la pêche, le commerce, la guerre et le transport, y compris celui des gigantesques blocs de pierre destinés aux grands monuments d'Égypte.

Les pyramides les plus impressionnantes datent de l'Ancien Empire et se trouvent à Gizeh, Saqqarah et Dahchour.

Mais une autre pyramide très célèbre est située ailleurs. Pendant le Moyen Empire, certains pharaons choisirent le Fayoum comme dernière demeure. Ce fut notamment le cas d'Amenemhat III.

Sa pyramide a profondément marqué l'imagination des chroniqueurs antiques. Ils qualifièrent le site de labyrinthe, essentiellement à cause du vaste temple funéraire situé au pied de la pyramide. Hérodote affirmait y avoir visité 12 cours et plus de 3000 salles, mais on connaît sont goût pour l'hyperbole.

La pyramide d'Amenemhat, composée d'une partie centrale en briques recouverte de blocs de pierre, avait été conçue pour être impénétrable. La chambre funéraire, constituée d'un seul bloc de grès, fut la seule de ce type.

Richard Lepsius et Flinders Petrie explorèrent le site de la pyramide, qui mesure 385 mètres sur 158 mètres, et l'identifièrent comme l'emplacement du labyrinthe.

Leurs recherches furent difficiles, car l'essentiel du site avait été inondé par le canal voisin. En outre, bien des pierres du complexe et du parement de la pyramide avaient été prélevées au fil des ans.

Ubisoft a décidé de redonner vie à ce monument et aux nombreuses cryptes réputées consacrées à Sobek, le dieu sacré des crocodiles.

Fondé à l'époque de la Ve dynastie, ce lieu devint très populaire durant la XIIe, sous le nom de Shedet.

À l'époque ptolémaïque, les Grecs rebaptisèrent la ville Krokodilopolis en l'honneur de Sobek, le dieu crocodile.

Durant l'époque gréco-romaine, des soldats des Ptolémée ayant achevé leurs devoirs militaires y reçurent des terres. Ces hommes surnommés clérouques améliorèrent rapidement le réseau d'irrigation. La meilleure répartition de l'eau permit de tripler les récoltes et transfigura la région. À son apogée, elle comptait quelque 27 000 habitants.\n\nLa ville occupait un emplacement stratégique, car elle contrôlait les nombreuses voies d'eau reliées au canal principal et au Nil.

Le principal culte local était celui consacré à Sobek de Shedet, une divinité associée à l'eau et à la fertilité, deux éléments majeurs pour une région dépendant de l'irrigation.

De nombreux villages accolaient "bourg de Sobek" à leur appellation officielle.\n\nLors des fêtes, les Égyptiens de l'Antiquité scandaient des hymnes à Sobek afin d'obtenir sa bénédiction divine.

Les colons grecs puis romains contribuèrent à la prospérité du temple de Sobek en adoptant les rites funéraires locaux pour les embaumements. Leurs sarcophages étaient magnifiquement décorés et ornés de portraits particulièrement réalistes.

À l'instar du culte dédié au du taureau Apis, un crocodile vivant était vénéré dans l'enceinte du grand temple de Krokodilopolis.

Strabon nous apprend qu'il était appelé Sobek par les Égyptiens et Suchos par les Grecs. Les prêtres le nourrissaient de viande, de vin et de lait parfumé au miel.\n\nSon corps était couvert d'or et de pierres précieuses. À sa mort, il était embaumé et déposé dans la grotte des crocodiles, aux côtés de milliers d'autres crocodiles momifiés.

La ville de Memphis

Pyramides

L'origine de la pyramide

Le complexe de la pyramide à degrés de Djéser

Ce tombeau gardé par un alignement de serpents taillés se trouve à l'extrémité sud de la cour. La chambre funéraire est située au fond d'un puits d'une profondeur de 30 mètres.

La chambre au plafond bas ressemble à un mastaba. Elle est relativement bien préservée comparée à la chambre funéraire ultérieure.

Le tombeau a été réalisé en granite rose, mais des éléments prouvent qu'il fut jadis en calcaire poli. Comme il est trop petit pour abriter un corps, il est possible qu'il ait été conçu pour le ka du roi, ou pour y abriter les vases canopes contenant ses organes.

L'architecte Imhotep a choisi d'utiliser la pierre afin d'assurer la pérennité du complexe.

Après avoir achevé le mastaba initial, Imhotep envisagea une sépulture plus ambitieuse, et décida d'empiler des mastabas les uns sur les autres.

Des éléments montrent que la pyramide a été agrandie par deux fois, en pratiquant des coupes supplémentaires dans les degrés, pour atteindre 62 mètres de haut pour une base de 121 mètres sur 109.

Le pharaon Djéser le Sacré, fondateur de la IIIe dynastie, régna pendant 19 ans.

Pendant son règne, il fut appelé Horus Netjerykhet, "Divin du corps". Il reçut l'appellation de Djéser plusieurs siècles après sa mort, en témoignage de respect. Il est considéré comme l'un des plus grands pharaons.

Un apocryphe fut rédigé à son sujet à l'époque ptolémaïque, deux mille cinq cents ans après sa mort.

Djéser était associé à la forme humaine d'Horus, le dieu du ciel. Près de la pyramide à degrés, on a découvert une inscription portant son nom et associée à Horus.

Il fut le premier à résider à Memphis, ce qui en fit la capitale politique de la région.

Djéser fit bâtir de nombreux temples et édifices avant le complexe de Saqqarah.

Ce complexe funéraire, le premier du genre, fut la plus grande réalisation architecturale de Djéser.

Dans un coin de la cour se trouve un temple appelé "T". Il fait partie des constructions les plus mystérieuses du complexe. Sa façade extérieure est lisse, mais l'intérieur est décoré de reliefs et de piliers Djed très ouvragés.

Il est possible que cet endroit ait été destiné à la matérialisation du ka du roi alors qu'il rendait symboliquement visite à la cour Heb Sed depuis l'au-delà.

La fête-Sed permettait au pharaon de maintenir l'ordre universel et de renouveler les pouvoirs divins.

La force vitale et la nature divine du roi étaient réaffirmées par l'intermédiaire d'une série d'épreuves et de rites religieux, puis des offrandes et la visite de sanctuaires de diverses divinités.

Cette célébration devait représenter le jubilé du roi et se dérouler tous les trente ans, mais ce calendrier n'était pas toujours respecté.

Les plus anciennes dates de rituel connues remontent à la Ire dynastie.

Le mur nord possède deux orifices d'observation.

Une statue de Djéser est assise sur le trône, revêtue d'un manteau, d'une perruque tripartite et d'une couronne appelée némès.

Cette statue, qui représente le ka du roi, regarde la cour à travers les orifices, ce qui permet au roi de suivre les cérémonies et de recevoir des offrandes dans l'au-delà.

Première pyramide de Snéfrou

C'est pendant le long règne de Snéfrou, premier roi de la IVe dynastie, qu'a débuté la période la plus brillante et la plus créative en matière de construction d'édifices funéraires.

C'est à cette époque qu'on est passé de la pyramide à degrés à la pyramide à faces lisses, ce qui indique l'évolution des méthodes de construction.

La première tentative de construction de ce type fut la pyramide de Meïdoum.

Initialement, le monument de Snéfrou était une pyramide à sept degrés, mais il faut par la suite modifié pour en recevoir un huitième. Pendant la phase finale de la construction, on combla les degrés et on appliqua un revêtement pour aboutir à une surface lisse.

Le comblement des degrés manquait cependant de cohésion, ce qui priva le revêtement d'une base solide. La base des quatre murs de contrefort extérieurs céda, ce qui entraîna le glissement et l'effondrement des parois.

Malgré son abandon en raison de ses défauts de conception, la pyramide de Meïdoum fut la "vitrine" des innovations qui influencèrent la construction de toutes les futures pyramides.

Pyramide rhomboïdale de Dahchour

Pyramide rouge de Dahchour

Pyramides du Moyen Empire

Vue d'ensemble de la nécropole de Gizeh

Les énigmes du sphinx

Complexe funéraire de Khéops

Les secrets de la grande pyramide

La grande pyramide : chambre souterraine

La grande pyramide de Gizeh : chambres supérieures

Les théories de Jean-Pierre Houdin

Complexe funéraire de Khéphren

Complexe funéraire de Mykérinos

Alexandrie

Les pharaons grecs

Les pharaons étaient considérés comme des incarnations des dieux. En tant qu'avatar divin sur terre, le pharaon devait défendre les valeurs fondamentales et préserver l'harmonie universelle en éloignant le chaos, Isfet, et e, veillant à la victoire de la justice, maât.

Le pharaon, par sa lignée divine et de nombreuses offrandes, était le lien unissant le monde des hommes à celui des dieux et maintenant l'ordre cosmique.

La dynastie ptolémaïque a régné sur l'Égypte de 305 à 30 avant notre ère.

Elle fut appelée dynastie des Ptolémées, ou des Lagides, en l'honneur de son fondateur, Ptolémée Lagos, général grec proche d'Alexandre le Grand.

D'origine macédonienne, Ptolémée Lagos comprit que pour se faire accepter des Égyptiens, il devrait adhérer à leurs traditions. Il adopta le titre de pharaon et changea de nom pour devenir Ptolémée Ier Soter, le "sauveur".

Né en 356 avant notre ère, Alexandre le Grand reçut une éducation aux affaires du royaume avant d'intégrer les rangs de l'armée macédonienne, où il progressa rapidement.

Après le meurtre de son père, en 336, que certains attribuent à un complot d'Alexandre, il devint roi de Macédoine.

Dirigeant d'un royaume unifié et à la tête d'une vaste armée, Alexandre décida de partir en conquête. Désirux de reprendre les villes grecques d'Asie mineure, il attaqua les forces perses et enchaîna les victoires.

Alexandre le Grand poursuivit ses campagnes, enlevant les villes les unes après les autres, et arriva en Égypte où il vainquit de nouveau les Perses.

Perçu par les Égyptiens comme un libérateur; Alexandre décida de se conformer aux coutumes locales et de devenir pharaon. Il se rendit à Thèbes pour offrir un sacrifice à Apis, puis gagna l'oasis de Siwa, où il fut proclamé fils d'Amon.

Devenu officiellement pharaon d'Égypte, Alexandre y passa l'essentiel de l'hiver et y fonda la ville d'Alexandrie.

Stratégiquement décidé, son nouveau statut de pharaon lui permit de lacer une campagne de propagande en vue de conquêtes futures. Il reprit ses campagnes en 331.

Sur son lit de mort, en 323n Alexandre le Grand confia la satrapie d'Égypte à Ptolémée Lagos.

Conscient de la valeur de l'Égypte, Ptolémée assura non seulement la stabilité de ses frontières, mais aussi son développement économique et militaire. Il n'oublia pas non plus de coopérer avec l'élite égyptienne pour assurer l'ordre intérieur.

En 305, Ptolémée, aussi respecté en Égypte qu'en Méditerranée, était à la tête de la plus vaste flotte du monde hellénistique.

Ptolémée prit officiellement le titre de pharaon en janvier 304, à l'anniversaire de la mort d'Alexandre le Grand.

Alexandre est mort à Babylone en 323 avant notre ère. Sa dépouille a été placée dans un sarcophage en or massif, puis dans un autre.

Le cercueil a été transporté dans un chariot ouvragé, doré et serti de pierres précieuses, que tiraient 64 mules couronnées d'or. La procession funéraire rejoignit un temple grandiose construit par Ptolémée Ier à Alexandrie en l'honneur du conquérant.

Lors de sa prise d'Alexandrie, Jules César visita le tombeau d'Alexandre, et on raconte que l'empereur Auguste y aurait déposé des fleurs.

Malgré les prétendues visites de nombre de dirigeants de premier ordre, l'emplacement du tombeau est tombé dans l'oubli.

Selon certains récits, le cercueil d'or aurait été remplacé par un sarcophage de verre, probablement par Ptolémée X. On raconte aussi que Cléopâtre a pillé ce tombeau lorsqu'elle a connu des difficultés financières.

Cléopâtre, reine d’Égypte

Cléopâtre VII Philopator est montée sur le trône à l'âge de dix-huit ans, en 51 avant notre ère. Dans les premiers temps, son pouvoir fut souvent mis à l'épreuve, mais elle finit par l'emporter et par régner seule sur l'Égypte.

Selon Plutarque, elle fut le seul pharaon ptolémaïque à parler la langue égyptienne. Son intelligence, renforcée par une éducation approfondie et un brillant esprit politique, lui permit de conclure les alliances nécessaires au maintien de l'indépendance de l'Égypte, alors que Rome étendait son emprise à toute la Méditerranée.

La maîtrise de la langue égyptienne et la connaissance de la culture du pays permirent à Cléopâtre de s'appuyer sur des références historiques ancrées dans l'esprit de ses sujets.

En associant sa personne à la déesse Iset, ou Isis, la divine mère, source de magie et d'essence divine, Cléopâtre put s'imposer comme la protectrice des deux royaumes et légitima sa place sur le trône.

À sa mort, en 51 avant notre ère, Ptolémée XII Aulète transmit son royaume à sa fille et son fils aînés : Cléopâtre VII et Ptolémée XIII.

Conformément à la coutume, le frère et la soeur furent mariés. Le nouveau pharaon était âgé de dix ans, sa soeur-épouse avait sept ans de plus.

Les premières années de leur règne commun furent difficiles. De 50 à 48, sécheresses et inondations sévirent dans le pays. Le général Achillas et Pothinus, conseiller royal, influencèrent les décisions politiques et finirent par s'allier afin de retourner Ptolémée XIII contre Cléopâtre.

Celle-ci fut contrainte à l'exil en 48.

Alors que Cléopâtre était en exil, Rome était en proie à ses propres conflits internes. César et Pompée étaient en guerre et, après une défaite en 48, Pompée gagna l'Égypte en espérant y trouver refuge.

Cette décision lui fut funeste. Sur les conseils de son entourage, Ptolémée XIII décida de faire exécuter Pompée et de conserver sa tête dans l'espoir de s'attirer les grâces de César en la lui remettant.

Ce stratagème se retourna contre lui : le meurtre d'un citoyen romain plongea César dans une colère noire.

Cléopâtre, avisée du ressentiment de César envers Ptolémée en raison du meurtre de Pompée, décida de tirer profit de la situation.

Elle regagna en secret l'Égypte afin de tenter de conclure une alliance avec l'un des hommes les plus puissants de l'époque.

Au-delà de la légende selon laquelle elle aurait été amenée à César roulée dans un tapis, nul ne sait ce qui s'est exactement passé lors de leur rencontre. Mais César vit en Cléopâtre un dirigeant plus conforme à ses intérêts que son jeune frère trop influençable.

S'appuyant sur le testament de Ptolémée XIl, César tenta de rétablir l'entente entre le frère et la soeur.

La tournure des événements fit enrager Ptolémée XIII et le retour de Cléopâtre ne plut pas davantage à ses conseillers. Poussé par le général Achillas et Pothinus, le jeune pharaon monte a un complot contre César et Cléopâtre, qui déboucha sur le siège d'Alexandrie, en 47.

En mars 47, César vainquit les forces de Ptolémée XIII. Fuyant le champ de bataille, le pharaon se noya dans les eaux du Nil.

Ses adversaires étant morts ou vaincus, Cléopâtre épousa son autre jeune frère, Ptolémée XIV, et s'empara enfin du trône d'Égypte.

La fin de la guerre d'Alexandrie cimenta également l'alliance politique et... plus intime entre César et Cléopâtre.

Peu après, Cléopâtre donna naissance à un fils qu'elle appela Césarion. Jules César ne fit pas de cet enfant son héritier et lui préféra Octave, son neveu.

Néanmoins, à son retour à Rome, César invita la reine et son frère-époux à séjourner dans la ville. Mais sa présence fut fortement désapprouvée par le sénat.

Son passé militaire conseilla à César de laisser quatre légions en Égypte et de confier les affaires du royaume à un homme de confiance. Ceci assura l'approvisionnement en grain, vital pour Rome.

Cléopâtre et sa suite demeurèrent à Rome jusqu'au meurtre de César, en mars 44.

Le plus fidèle allié de César, Marc Antoine, rendit souvent visite à la reine d'Égypte pendant son séjour à Rome. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il reconnaissait la légitimité de Césarion, le fils naturel de César.

Antoine savait qu'il aurait besoin des richesses de l'Égypte pour s'opposer à Octave et diriger Rome.

Cléopâtre, de son côté, vit en lui un puissant allié. Durant l'hiver 41, elle organisa une somptueuse visite de l'Égypte en bateau afin de montrer à Antoine les richesses de son pays et le pouvoir qu'elle détenait.

Il s'ensuivit une relation politique et intime, ce qui déclencha de nouveau les foudres du sénat romain. Afin de calmer les esprits, Antoine épousa Octavia, la soeur d'Octave.

Malgré son mariage à Octavia, Antoine demeura l'amant de Cléopâtre et ils eurent ensemble plusieurs enfants.

Cléopâtre étendit le territoire de son royaume et entama une campagne de propagande, en compagnie de son amant, dans le pays et au-delà. Son intention était de créer un empire fédéral ptolémaïque dont le centre serait Alexandrie.

Au grand dam de l'élite romaine, Antoine finit par répudier son épouse au profit de Cléopâtre.

Mais tandis que l'attention d'Antoine était concentrée sur l'Égypte, Octave parvint à prendre l'ascendant politique et militaire sur lui à Rome.

Octave mena sa propre campagne de propagande, qui fut couronnée de succès. Les populations romaines se mirent à détester Antoine et Cléopâtre.

Afin de contourner la censure liée à une attaque contre un autre citoyen de Rome, Octave déclara la guerre... à l'Égypte.

La puissance de Rome était sans égale. Malgré son nombre, la flotte égyptienne, commandée par Cléopâtre, mais aussi les forces de Marc Antoine furent vaincues à Actium, en 31.

Octave débarqua en Égypte en 30 afin d'officialiser sa victoire.

La suite des événements demeure confuse en raison des nombreux récits contradictoires entremêlés de légendes.

On pense qu'après qu'on lui eut rapporté le suicide de Cléopâtre, Marc Antoine se donna lui aussi la mort. Agonisant, il aurait été amené auprès de la reine.

Sachant qu'Octave l'aurait fait défiler à Rome couverte de chaînes, Cléopâtre organisa son propre suicide.

Elle s'est probablement empoisonnée à l'arsenic, même si la version selon laquelle elle décide de se faire mordre par un serpent est nettement plus romantique.

On ignore toujours ce qu'il est advenu du cadavre de Cléopâtre...

Le siège d'Alexandrie

Parmi les célèbres écrits attribués à Jules César, on peut citer ses descriptions du Siège d'Alexandrie, La Guerre des Gaules et les Commentaires sur la Guerre Civile.

Ces textes contiennent des informations sur plusieurs campagnes : Alexandrie, la Gaule, l'Afrique et l'Espagne. Ils décrivent les activités militaires de César de 58 à 45 avant notre ère.

Si les écrits de César demeurent une source d'information majeure, leur perspective reste néanmoins limitée. Il faut prendre en compte d'autres documents historiques pour avoir une meilleure appréciation des événements.

Le siège d'Alexandrie relate des événements de la Guerre civile qui ont abouti au siège subi par César dans le palais des Ptolémée.

D'autres auteurs nous ont laissé des informations tout aussi précieuses, mais parfois contradictoires.

Les événements qui débouchèrent sur le siège d'Alexandrie furent marqués par :'affrontement entre Cléopâtre VII et son frère pour le contrôle de l'Égypte. Le régent Pothinus, ou Pothinos, qui tenait sous sa coupe le jeune Ptolémée XIII, contraignit Cléopâtre à la clandestinité.

Telle était la situation lors de l'arrivée de Pompée à Alexandrie. Battu par César en 48 avant notre ère,le général romain s'était tourné vers ses alliés égyptiens.

Mais, sur les conseils de Pothinus, Ptolémée XIII fit tuer Pompée dans l'espoir de s'attirer les faveurs de César.

Cela se révéla être une décisions des plus mal avisées.

À l'arrivée de César à Alexandrie, on lui présenta la tête de Pompée. Sauf que le meurtre d'un Romain par des Égyptiens lui déplut fortement.

César indiqua clairement son mécontentement et ordonna le retour de Cléopâtre, la résolution des différends dans la famille royale et la reprise de leur règne commun sur l'Égypte, conformément à la volonté de leur père.

Ni Pothinus, ni Ptolémée XIII ne souhaitaient se plier à cette exigence. Derrière des courbettes de façade, Pothinus manœuvra en secret contre César et ordonna au général égyptien Achillas de faire venir ses 20 000 hommes.

Tandis que Pothinus complotait contre César, Cléopâtre tentait un coup des plus audacieux.

Les circonstances de la rencontre entre César et Cléopâtre varient selon les versions.

Selon l'une d'elles, Cléopâtre se faufila seule de nuit dans le palais. Un autre récit affirme qu'elle était accompagnée d'un allié et qu'elle fut conduite dans le palais enroulée dans un tapis.

Si les débats au sujet de cette première rencontre perdurent, on sait que Cléopâtre a bien rencontré César et qu'elle a rapidement obtenu son soutien.

Dès lors, la tournure des événements déplut fortement à Pothinus et à Ptolémée XIII.

Une fois en présence de Cléopâtre, César décida de jouer les médiateurs pour parvenir à une issue pacifique.

Mais la situation s'envenima rapidement. À l'occasion d'un banquet célébrant la réconciliation, on tenta de tuer César. Le complot fut déjoué par le barbier du chef romain.

Lorsqu'il comprit que l'attaque avait été commanditée par Pothinus, le régent du roi, César fit exécuter ce dernier, puis plaça le jeune roi sous bonne garde.

Piégé dans le palais avec 4 000 hommes, César savait que des forces ennemies approchaient. Il demanda alors l'aide des légions de Syrie, de Rhodes et de Cilicie.

Il ordonna à ses hommes de creuser un fossé autour du palais et de construire un mur jusqu'au port. Il voulait ainsi s'assurer un accès à la mer.

L'arrivée du général Achillas et de ses 20 000 hommes dans la ville marqua le début de la bataille d'Alexandrie.

En raison de son infériorité numérique, César ne put mener immédiatement bataille. Il dépêcha des ambassadeurs à Achillas, au nom de Ptolémée, afin de proposer une trêve.

Achillas savait que les ordres n'émanaient pas du jeune roi. Furieux de l'emprisonnement du jeune souverain, il fit tuer les émissaires.

Alors que César était toujours confiné dans le palais, Achillas plaça ses troupes tout autour de la ville. Des escarmouches éclatèrent dans les rues d'Alexandrie et se poursuivirent durant plusieurs jours et plusieurs nuits.

Malgré leur infériorité numérique, les troupes de César parvinrent à contenir l'ennemi, ce qui poussa Achillas à changer d'approche et à tenter de capturer la flotte romaine qui mouillait dans le port.

Si le palais offrait une assez bonne protection, la perte du port coupait court aux ravitaillements et à l'arrivée de renforts. César savait qu'il devait protéger la flotte.

Ses troupes parvinrent à reprendre le contrôle du port, mais César savait qu'il ne pourrait pas le conserver éternellement.

César ordonna alors de brûler ses vaisseaux. Puis, comme le chemin du palais était bloqué par l'ennemi, il se dirigea vers le phare d'Alexandrie.

Les hommes de César ouvrirent un passage à travers les rangs égyptiens et finirent par atteindre l'île de Pharos. Là, Là, ils se réfugièrent dans le phare.

Disposant désormais d'un accès facile à la mer, César put envoyer des messages à ses alliés pour réclamer eu renfort et des ravitaillements.

Le fort de l'île lui permit également de contrôler l'accès au port grâce aux chaînes employées par les Égyptiens pour gérer le trafic maritime avec les quais d'Alexandrie.

La chronologie exacte des événements de la guerre d'Alexandrie demeure imprécise. Les récits se contredisent sur la date et les circonstances de l'incendie de la Grande bibliothèque.

Selon un témoignage, les quais et les entrepôts furent incendiés pendant les combats et le feu se propagea à la bibliothèque.

Selon un autre auteur, lorsqu'Achillas isola le port, César dut quitter le palais pour défendre ses navires. Pendant que les deux camps s'affrontaient dans le port, les navires prirent feu et l'incendie s'étendit à la bibliothèque.

Quoi qu'il en soit, la grande bibliothèque ne fut pas entièrement détruite. Des experts indiquent que son emplacement était trop éloigné du port, et des textes plus récents expliquent qu'elle était intacte à la fin des combats.

Les entrepôts qui bordaient le port abritaient des copies de manuscrits attendant d'être exportées. Il est fort probable que ce soient ces documents qui aient été détruits, et non la bibliothèque elle-même.

La disparition de la Grande bibliothèque a peut-être été le fait d'incendies successifs, survenus au fil des ans. Elle date probablement du IVe siècle de notre ère, lorsque l'empereur chrétien Théodose Ier ordonna la fermeture de tous les temples païens.

Si certains documents ont survécu parce qu'ils avaient été déplacés, on ignore l'ampleur des connaissances qui furent à jamais perdues.

Certains récits indiquent qu'Achillas a mené la bataille contre les Romains, mais il semble que la soeur de Cléopâtre, ayant pris le parti de son frère, le fit tuer et le remplaça par Ganymède, son fidèle allié.

Ganymède était un tacticien de talent qui avait fait ses preuves pour le camp égyptien. C'est lui qui eut l'idée de priver César de l'accès au port pour le piéger dans le palais.

A l'époque de Ptolémée Ier, des canaux avaient été creusés dans Alexandrie afin d'approvisionner la ville en eau douce.

Ganymède ordonna à ses hommes de prendre le contrôle de ces canaux. Après avoir isolé ses propres réserves d'eau, il fit verser du sel dans les canaux et les citernes qui approvisionnaient le camp de César.

Cela déclencha la panique parmi les soldats de César. Sans eau douce, ils ne pourraient pas tenir longtemps. Mais conscient de la nature poreuse du calcaire, César fit creuser des puits pour retrouver de l'eau douce.

Quelques jours plus tard, la XXXVIIe légion, composée de soldats de Pompée, arriva par la mer. Comme les vents empêchèrent leur débarquement, César prit le risque de les rejoindre sur la péninsule.

Lorsque l'ennemi apprit où se trouvait César, il s'y précipita pour l'intercepter.

Les Alexandrins disposaient d'un très net avantage, mais César l'emporta grâce à un navire rhodien à l'équipage compétent.

La victoire de César et de ses navires alliés lui permit de repousser les Égyptiens et d'assurer sa position au phare.

La prise de l'île de Pharos repoussa les Alexandrins à la mer et les força à regagner la ville à la nage.

Cependant, César n'eut guère le temps de fortifier l'île.

L'ennemi se regroupa et lança un assaut ravageur.

Malgré les encouragements de César, de nombreux soldats romains pris de panique quittèrent leur poste en bateau ou sautèrent dans la mer.

César tenta de se replier, mais le navires ennemis qui stationnaient dans le port d'Eunostos l'en empêchèrent.

César aurait alors rassemblé ses documents et sauté à l'eau afin de rejoindre un navire allié situé un peu plus loin.

D'après l'historien Dion Cassius, César se serait noyé s'il n'était pas parvenu à se débarrasser de sa cape pourpre. Quoi qu'il en soit, il parcourut la distance à la nage et survécut.

Les Alexandrins récupérèrent sa cape et en firent un trophée célébrant la débâcle romaine.

Mécontents de Ganymède, les Alexandrins souhaitaient la restauration de leur roi. Ils prirent contact avec César pour lui proposer un compromis.

César accepta de libérer Ptolémée XIII sous réserve qu'il épargne le royaume et demeure fidèle à Rome.

Mais une fois libre, le roi dénonça cet accord et reprit les hostilités.

C'est à ce moment que Mithridate, fidèle allié de César, arriva en Égypte et affronta les troupes de Ptolémée à Péluse.

Sa supériorité numérique lui permit de s'emparer de la région comprise entre Péluse et Alexandrie.

Averti de l'avancée de l'allié de César vers Alexandrie, Ptolémée dépêcha ses troupes afin de l'empêcher de franchir le fleuve.

Mithridate put prévenir César à temps et les deux contingents affrontèrent les armées de Ptolémée dans le delta.

Lors de la bataille du Nil, les Romains prirent l'avantage et mirent les Égyptiens en déroute.

Dans le tumulte et la panique, le roi Ptolémée XIII se noya dans le Nil.

Le siège ayant été levé, Cléopâtre VII épousa son jeune frère Ptolémée XIV, et régna sur l'Égypte jusqu'en 30 avant notre ère.

Sous son règne, Alexandrie connut un grand essor et devint l'une des cités les plus importantes de tout l'empire romain. Elle en vint même à surpasser Athènes.

Jules César demeura quelque temps en Égypte. Cléopâtre et lui eurent un enfant qui fut baptisé Césarion.

Bienvenue à Alexandrie

Après avoir conquis l'Égypte en 331 avant notre ère, Alexandre le Grand décida d'y fonder une nouvelle ville à laquelle, comme à son habitude, il donna son nom.

À sa mort, Alexandrie devint rapidement la capitale du royaume ptolémaïque et la plus importante cité du monde grec.

La ville fut bâtie entre la Méditerranée et le lac Maréotis, faisant de cette cité un véritable pôle culturel et commercial.

Partout où l'on posait les yeux, on pouvait voir de splendides bâtiments: palais royaux, temples, gymnases, jardins publics luxuriants et larges avenues.

Par son emplacement et sa beauté sans égale, Alexandrie attirait de nombreux intellectuels et marchands étrangers venus de toute la Méditerranée.

Alexandrie fut l'une des villes les plus cosmopolites du monde antique et détrôna même Athènes en devenant la plus importante cité grecque de l'histoire.

Les obélisques égyptiens étaient très appréciés par les architectes romains. Si les modèles romains favorisaient l'emploi d'un seul monument, les obélisques égyptiens allaient par paire et formaient généralement l'entrée des temples.

Plusieurs obélisques égyptiens ayant survécu à l'épreuve du temps ornent aujourd'hui des villes modernes aussi diverses que Paris, Rome, New York et Londres.

Tout ceci montre bien qu'Alexandrie a été fortement inspirée par le riche passé égyptien.

Alexandrie comptait de nombreuses avenues, mais son artère la plus célèbre était la voie canope.

Bordée de superbes édifices, maisons et temples, elle s'étendait sur environ huit kilomètres.

Elle fut l'une des grandes voies commerciales d'Alexandrie. Des processions et des fêtes y étaient souvent organisées.

Sa largeur de trente mètres était inhabituelle, même au regard des normes grecques.

Ceci est probablement dû au fait que la voie canope a été construite en peu de temps, et d'après un plan d'urbanisme, alors que la plupart des rues de l'époque étaient pavées lentement.

La voie canope partait des cimetières de l'ouest, longeait le gymnase et franchissait un imposant portail pour se prolonger hors de la ville vers l'est, en direction de canope.

Alexandrie : Planification de la ville

C'est un vers de l'odyssée d'Homère qui donna à Alexandre l'idée de fonder sa grande ville.

"Il y a, devant l'Égypte, dans la mer aux houles nombreuses, une île qu'on appelle Pharos."

Guidé par ces indices, Alexandre le Grand fonda sa ville à l'extrémité ouest du delta du Nil.

Si Alexandre a estimé le site idéal pour sa grande cité, il posait néanmoins de nombreux problèmes.

L'accès était extrêmement difficile lors des tempêtes, les marais voisins étaient malsains et le sol calcaire ne convenait guère aux cultures.

Mais, influencé par son mentor Aristote, Alexandre comprit que la véritable valeur de ce lieu était son emplacement stratégique.

Alexandre savait qu'en tenant Péluse à l'est, Memphis au sud et son joyau, Alexandrie, à l'ouest, il disposerait d'une place forte triangulaire lui permettant de contrôler la totalité du delta tout en ayant accès à la Méditerranée.

Les murs d'Alexandrie connurent des débuts modestes. Manquant de craie pour tracer les fondations de la future ville, les architectes durent employer de la farine.

Des nuées d'oiseaux migrateurs se posèrent et mangèrent la farine, effaçant les tracées. Cela poussa Alexandre à consulter les oracles, qui le rassurèrent en lui affirmant que sa future ville nourrirait une vaste population.

Les fouilles menées par Mahmoud bey El-Falaki au XIXe siècle ont montré que l'enceinte mesurait environ 5,2 kilomètres de long sur 2,2 kilomètres de large. Elle était haute de neuf mètres.

Ces redoutables murailles ont résisté à de nombreuses attaques, dont celle du roi de Syrie en 169 avant notre ère.

Ce n'est qu'en 295 de notre ère qu'elles furent abattues par l'empereur romain Dioclétien, et ce après huit mois d'assauts incessants.

Dinocrate, le principal urbaniste d'Alexandrie, choisit un plan hippodamien, c’est-à-dire en damier.

Cette option maximisait l'aspect fonctionnel, avec des voies rectilignes et en dessous, des canaux.

Alexandre reconnut la valeur militaire de ce plan. Les larges rues parallèles permettaient de surveiller la ville tout en autorisant les déplacements de troupes.

Un couloir central s'étendait du port nord, sur la Méditerranée, au lac Maréotis, au sud. Cette voie jouait le rôle d'artère commerciale et de communication entre les deux ports.

De nombreuses rues étaient bordées d'imposants bâtiments et de parcs, y compris la voie canope, avec sa porte impressionnante à l'extrémité est.

La ville d'Alexandrie a très probablement été bâtie à l'emplacement d'un village égyptien.

Lorsque la ville fut achevée, les Égyptiens refusèrent de l'appeler du nom de son fondateur, préférant l'appellation de "Ra-qed", la construction, pour marqué leur mépris. Ce nom fut par la suite hellénisé en Rhatokis.

Cette réticence n'empêcha pas le nom d'Alexandrie de perdurer.

Alexandrie : un carrefour commercial

Les ports d'Alexandrie constituaient un centre commercial majeur reliant l'Égypte à tout le monde méditerranéen, et même au-delà.

Des quantités considérables de matières premières et de marchandises transitaient chaque jour par la ville. Le grand marché du port était appelé Emporion. C'est là que les marchandises étaient négociées par les propriétaires de navires, les naukleros.

L'Égypte exportait des denrées alimentaires et des produits de l'artisanat : céramique, verre, anneaux d'or et pièces de monnaie. Les potiers locaux, qui utilisaient les techniques traditionnelles égyptiennes, concurrençaient les productions étrangères, et l'activité textile était florissante.

Ce que l'Égypte ne produisait pas, elle l'importait en échange de blé et de papyrus. Les importations les plus prisées étaient le pin de Syrie, le fer et le marbre des îles grecques, l'or d'Espagne et les fruits d'Europe.

Ces activités commerciales contribuaient à la richesse déjà insolente de la ville.

Le bois qui arrivait au port de Maréotis depuis les installations maritimes était utilisé dans les nombreux chantiers navals où étaient construits la plupart des navires égyptiens.

Ces chantiers, qui employaient des dizaines de milliers d'ouvriers, contribuèrent à faire de la flotte égyptienne l'une des plus puissantes de l'époque.

Lorsqu'il n'était pas utilisé dans ces chantiers navals, le bois était envoyé dans d'autres régions du pays.

Le port sud du lac Maréotis était le plus grand d'Égypte.

À l'époque ptolémaïque, ce lac mesurait quelque 40 kilomètres sur 50, du nord au sud. Le niveau du lac était constamment entretenu par un trop-plein du Nil.

En plus du lac, un canal avait été creusé pour faciliter l'acheminement de marchandises entre la ville et le port, mais il n'a pas été inclus dans le jeu en raison de sa taille.

L'activité bancaire fut l'un des apports spécifiques majeurs des Grecs en Égypte.

La richesse d'Alexandrie reposait largement sur l'imposition systématique de presque toutes les activités. Même des marchandises aussi courantes que le sel, l'huile, la bière, le blé et le lin étaient lourdement taxées.

Ceci permettait au trésor royal d'Alexandrie d'assurer la stabilité économique de la plupart des régions administratives d'Égypte.

À la fin du XIIIe siècle, la voie d'eau alimentant le lac à partir du Nil s'envasa. Privé de sa connexion maritime et de l'essentiel de son approvisionnement en eau, il s'évapora progressivement et sa surface diminua considérablement.

S'il existe encore, c'est grâce à l'irrigation, mais sa taille actuelle ne dépasse pas un sixième de celle qui était la sienne dans l'Antiquité.

Alexandrie, ville de fête

Comme la plupart des cités grecques, Alexandrie proposait de nombreux types de divertissement. La plupart était liées aux cultes, aux pratiques religieuses et aux festivités entourant ces pratiques.

Les plus importantes de ces festivités étaient les célébrations dynastiques en l'honneur des rois et des reines ptolémaïques déifiés.

Ces célébrations, qui pouvaient durer plusieurs jours, comprenaient des sacrifices, des offrandes, des processions et des banquets publics.

Des jeux et des compétitions étaient fréquemment organisés au stade, à l'hippodrome et au gymnase.

Les habitants d'Alexandrie adoraient ces événements où s'affrontaient athlètes, poètes et musiciens de toute l'Égypte et du reste du monde.

Comme toutes les grandes cités grecques, Alexandrie disposait d'un théâtre.

Si l'architecture de cet édifice est de style romain, c'est parce que notre équipe a réutilisé un théâtre de Cyrène.

Les théâtres romains étaient généralement disposés en demi-cercle, et bâtis sur une surface plane, avec des structures permettant de se faire entendre.

La forme des théâtres grecs se rapprochait de celle d'un fer à cheval et exploitait l'avantage que procurait la pente des collines naturelles en matière d'acoustique.

Au théâtre, on assistait aux représentations d'œuvres d'auteurs contemporains, aussi bien comiques que tragiques.

La pièce représentée ici est le Discolos de Ménandre, souvent appelée Le Grincheux. C'est une comédie grecque qui connut un grand succès.

L'éducation à Alexandrie

L'éducation du jeune Alexandre fut très similaire à celle dispensée dans les autres régions de la Grèce antique.

À l'âge de sept ans, il fut confié à un précepteur chargé de lui dispenser des principes moraux et de lui procurer une instruction élémentaire.

L'enseignement se déroulait généralement en plein air. Les élèves du gymnase pratiquaient le sport et étudiaient la rhétorique, la philosophie, la musique et la poésie, toutes disciplines considérées comme indispensables à l'époque.

Ici, on peut voir des garçons et des filles suivant un cours dispensé par un des rhéteurs de l'époque.

Notre équipe a choisi d'inclure des élèves des deux sexes dans l'univers du jeu. Si cette présentation est contraire à la réalité historique, l'équipe a préféré privilégier, dans le jeu, une approche inclusive rejetant le sexisme historique.

La grande bibliothèque d'Alexandrie

La plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité se trouvait à l'intérieur du Mouseion, près du quartier des palais royaux.

La bibliothèque d'Alexandrie a été bâtie afin d'accueillir l'ensemble des connaissances.

On estime qu'à son apogée, elle a renfermé plus de 700 000 parchemins.

Au fil des siècles, les incendies et la lutte menée par les chrétiens contre le paganisme eurent raison de la bibliothèque.

La disparition de ce bâtiment, et plus encore de sa collection, représente une perte inestimable.

Aucune description n'ayant survécu, notre équipe s'est inspirée des représentations de la bibliothèque de Celsius, à Éphèse.

Si une large part de la collection a été acquise sur des fonds publics, la bibliothèque a aussi fait appel à d'autres méthodes.

Tous les volumes possédés par les voyageurs séjournant dans la ville étaient saisis pour être copiés. La copie était ensuite remise au propriétaire initial et la bibliothèque s'appropriait l'original.

Alexandrie présentait des attraits intellectuels et culturels sans égaux. D'éminents érudits venaient d'Athènes, de Rhodes et d'autres villes grecques afin d'étudier et s'entretenir avec d'autres penseurs.

Le Mouseion et la bibliothèque furent des centres de découvertes intellectuelle et d'expression créative.

Les grands esprits de l'Antiquité connaissaient généralement de nombreuses disciplines, souvent associées à des écoles de pensée spécifiques. Parmi les plus célèbres écoles de l'époque, on peut citer les Péripatéticiens, les Stoïciens et les Cyniques.

Alexandrie a clairement joué le rôle fondamental d'une capitale intellectuelle. La ville a abrité de nombreux grands esprits dont l'influence est encore perceptible aujourd'hui.

Hypatie d'Alexandrie fut une mathématicienne, une philosophe, une astronome et une inventrice grecque.

Née en Grèce, elle s'installa ensuite à Alexandrie, comme de nombreux grands esprits de son temps. Là, elle assuma la direction de l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.

Selon la plupart des textes, elle était très respectée par les Alexandrins, aussi bien en tant qu'enseignante que philosophe.

Sa mort marqua la fin de l'époque des grandes découvertes scientifiques de l'Antiquité.

Callimaque est né à Cyrène et a fait ses études à Athènes. Il est ensuite venu s'établit à Alexandrie pour travailler à la grande bibliothèque.

Poète et critique, il fut un fervent détracteur de la poésie homérique, lui préférant un style plus bref et une formulation plus sophistiquée.

Ses épigrammes et poèmes élégiaques inspirèrent nombre de futurs poètes. Son œuvre fut très appréciée, et son succès fut presque aussi grand que celui d'Homère.

C'est à Alexandrie que le mathématicien Euclide, le père de la géométrie, a écrit son célèbre Éléments, un ouvrage qui servit de fondement à l'algèbre moderne et à la théorie des nombres.

La géométrie euclidienne est devenue l'un des systèmes les plus importants dans l'évolution des mathématiques.

Comment calcule-t-on la circonférence de la Terre ? Avec un dromadaire, deux bâtons et l'ombre générée par le Soleil.

C'est ce qu'indique Ératosthène dans son œuvre majeure, Géographie, rédigée alors qu'il dirigeait la grande bibliothèque d'Alexandrie.

On lui attribue l'invention de la sphère armillaire, vers l'an 250 avant notre ère.

Durant l'Antiquité, la sphère armillaire la plus ancienne et la plus complète fut le Meteoroskopion d'Alexandrie. Elle était dotée de neuf anneaux, alors que la plupart des autres astrolabes n'en avait que trois ou quatre.

Appelé krikotoi du zodiaque par les Grecs, le Meteoroskopion fut utilisé pour déterminer l'emplacement des corps célestes autour de la Terre.

À cette époque, tout astronome digne de ce nom aurait rêvé d'employer cet outil pour mieux comprendre les mouvements célestes.

Originaire de Samos, Pythagore était un célèbre philosophe et mathématicien. Il est surtout connu pour le théorème qui porte son nom.

Cependant, on a retrouvé des preuves de la découverte de ce théorème à Babylone et en Inde, bien avant l'époque de Pythagore, ce qui fait planer le doute sur son origine.

Le mouseîon d'Alexandrie

Le Mouseîon était un quartier de la ville créé par Ptolémée Ier afin de rivaliser avec Athènes sur le plan intellectuel.

Dédié aux neuf muses, sources d'inspiration, le Mouseîon devint un centre majeur en matière de science et de philosophie. Il accueillait de nombreux érudits étrangers pour les inviter à partager leurs connaissances en littérature, en science et en géographie.

Le Mouseion avait été conçu afin que ses jardins et ses bâtiments accueillent la pensée, le débat et l'enseignement.

Sa cour principale était entourée d'espaces ouverts et de théâtres.

Ses vastes jardins étaient remplis de plantes exotiques facilitant l'étude et la préparation d'herbes et de remèdes. Un zoo permettait d'étudier la physiologie et le comportement des animaux.

Autre attrait majeur, le Mouseion disposait de son observatoire astronomique.

Médecin de profession, Hérophile a passé la plus grande partie de sa vie à Alexandrie. La permissivité qui y régnait lui permit de pratiquer la dissection sur de nombreux cadavres humains.

Au fil de ses nombreuses recherches, il découvrit que le cerveau était le centre du système nerveux. Il a aussi largement "cartographié" le système sanguin et mis en place une méthode de mesure du pouls à l'aide d'une clepsydre.

Mais sa soif de connaissance ce l'anatomie humaine l'aurait amené à se livrer à 600 vivisections sur des prisonniers.

Afin de pouvoir mener librement leurs recherches, les érudits étaient nourris et logés au Mouseion par l'État.

Cette liberté permit aux érudits d'Alexandrie de se livrer à leurs recherches intellectuelles dans un havre de paix spirituelle.

S'il ne reste aucun vestige du Mouseion de l'Antiquité, il survit à travers l'héritage qu'il a laissé à nos musées modernes.

Le sérapéum d'Alexandrie

Si Alexandrie comptait de nombreuses splendeurs, le Serapeion dédié à Sérapis était considéré comme son plus beau temple.

Situé dans la partie sud-est de la ville, sur une éminence appelé l'acropole, ce sanctuaire fut bâti à l'époque de Ptolémée III, sur des fondations remontant à l'époque de Ptolémée Ier Sôter.

Les visiteurs du Serapeion devaient gravir une centaine de marches pour atteindre la cour.

Le bâtiment carré, au toit et aux colonnes ornées d'or et de bronze doré, était entouré de portiques qui abritaient des bibliothèques. Les pharaons se montrèrent généreux envers ce temple, de même que plusieurs empereurs romains après la conquête de l'Égypte.

Un temple intérieur abritait la statue de Sérapis, dieu de la guérison.

À partir de la XXVIe dynastie, les Grecs installés en Égypte ont progressivement intégré le culte égyptien d'Apis à leurs propres rites.

Avec l'instauration de la dynastie ptolémaïque, le culte d'Apis fut encore plus assimilé aux croyances grecques.

Durant son règne, Ptolémée Ier décida de "fusionner" les dieux égyptiens et grecs en une divinité syncrétique appelée Sarapis, un lieu mêlant ceux d'Osiris et Apis.

Avec cette nouvelle divinité, la dynastie ptolémaïque parvint à lier des ensembles de croyances émanant des deux cultures distinctes pour créer un nouveau culte dynastique.

Sarapis fut également associé à d'autres divinités, parmi lesquelles Asclépios, ou Esculape, dieu grec de la guérison.

Il est probable que, comme dans le cas du temple de Sarapis de Canope, des malades se soient rendus dans ce temple et y aient passé la nuit en espérant en repartir guéris.

L'île de Pharos

L'Heptastade était une voie, construite sur une digue, qui reliait l'île de Pharos à la ville d'Alexandrie.

Son nom provient d'une unité de mesure grecque : le stade, soit environ 180 mètres. Hepta signifiant "sept", cette voie mesurait sept stades.

Comme sa construction séparait le grand port, à l'est, du port d'Eunostos, à l'ouest, il disposait de canaux à chaque extrémité.

Ces canaux permettaient de passer d'un port à l'autre.

Au-delà de la création de ports distincts pour les activités marchandes et militaires, cette digue servait d'aqueduc pour les habitants de l'île.

Elle protégeait également l'île et les ports des vents et des courants.

À la fin de l'Antiquité, l'Heptastade fut recouvert par des alluvions, qui formèrent un important dépôt sédimentaire.

Le Serapeion était le plus célébré de tous les temples de la ville, mais il en existait bien d'autres.

La plupart de ces édifices ont disparu au fil des siècles et il est impossible de savoir combien ont existé.

Mais l'étude des papyrus anciens nous offre des détails séduisants sur l'emplacement potentiel de certains de ces temples.

Papyrus et pièces de monnaie sont des témoins de l'existence de nombreux temples consacrés aux dieux.

Poséidon, dieu de la mer, possédait probablement un édifice érigé en son honneur sur cette île, ainsi que sur le continent.

Le temple situé près de vous est dédié à Iset Pharia, la divinité protectrice du phare. Il accueillait chaque année, en avril, une fête appelée Sacrum Pharia et associée au phare.

Dans son incarnation d'Iset Fortuna, la déesse porte un gouvernail et une corne d'abondance, symboles de chance pour les marins.

Comptant parmi les sept merveilles du monde, le phare d'Alexandrie était une source de fierté pour les habitants de la ville.

Entamée sous le règne de Ptolémée Ier, sa construction dura quinze ans. Elle fut achevée pendant le règne de son fils.

À son achèvement, le phare fut dédié aux dieux afin qu'ils veillent sur les navigateurs.

Construit sur l'île de Pharos, cette structure en pierre était composé de trois niveaux, bâtis en degrés.

Le deuxième niveau avait la forme d'une tour octogonale, et le dernier était une tour cylindrique surmontée d'une statue.

À l'intérieur se trouvaient des salles pour le personnel ainsi qu'une rampe permettant d'acheminer le combustible aux niveaux supérieurs.

Le phare était essentiel pour manœuvrer au milieu des bancs et des hauts-fonds. On raconte que son feu était visible à une cinquantaine de kilomètres.

On ignore quel était le combustible utilisé, et quelle en était la consommation. Les autres détails relatifs au phare ont également été perdus.

Durant plusieurs siècles, le phare demeura l'un des plus hauts bâtiments érigés par l'homme. Sa hauteur était d'environ 110 mètres, à comparer aux 140 mètres de la pyramide de Khéops.

La structure fut abîmée par des tremblements de terre successifs, et, en 1480, un fort fut construit sur ses vestiges.

Les fouilles archéologiques sous-marines ont permis d'identifier de nombreux blocs provenant de ce bâtiment antique.

Le Panéion

Le Paneion était un temple bâti en l'honneur de Pan, divinité de la nature.

Ce dieu grec, souvent dépeint comme mi-homme, mi-animal, avec une barbe, des cornes et des sabots de bouc, était considéré comme le protecteur des pâtres et des troupeaux.

L'attribut de Pan était l'instrument de musique du même nom : la flûte de Pan. Ses temples, souvent localisés dans des grottes et des régions montagneuses, étaient fréquentés par les bergers.

Il est probable que les cultes méditerranéens aient utilisé l'apparence de Pan pour symboliser le diable chrétien.

Malgré la topographie de leur ville, les Alexandrins érigèrent son temple sur une colline artificielle afin d'honorer convenablement ce dieu.

Cette éminence avait la forme d'une pomme de pin. On accédait au sommet par un escalier en spirale. De là, on disposait d'une vue panoramique sur la ville.

Un dieu des montagnes méritait bien de tels travaux.

L'hippodrome d'Alexandrie

Le principal hippodrome de la ville était appelé Lageion en l'honneur de Lagos, l'ancêtre des Ptolémée.

Les Alexandrins adoraient les courses de chevaux. Ils étaient fascinés par la rivalité, qui animait ces courses. L'agôn en grec ancien, était la sève de la compétition.

C'était une lutte pour la gloire.

La course de chars la plus prestigieuse était appelée tethrippon. Elle utilisait un attelage de quatre chevaux, le plus rapide se trouvant à droite. Les chars parcouraient douze tours et effectuaient des virages serrés à chaque extrémité de l'hippodrome.

Le vainqueur recevait une couronne de rameaux d'olivier et une prime en argent, mais la plus grande récompense demeurait les éloges des poètes. Callimaque et Pindare en ont fêté plus d'un.

"Hymnes qui commandez à la lyre ! À quel dieu, à quel héros, à quel homme iront les clameurs de nos louanges ? Zeus est le seigneur de Pise, Héraklès a fondé les fêtes Olympiques, [[…]] et Théron mérite les éloges pour la victoire de son char à quatre chevaux. Théron, juste et hospitalier, soutien fidèle d'Acragas, digne descendant d'une lignée illustre, dont la cité domine, [[…]] apportant richesse et gloire à leurs talents innés."

Vie quotidienne

Osiris, la première momie

Osiris était à la fois le dieu des morts et le dieu de la résurrection.

Le mythe le plus connu, à son sujet, est celui de son démembrement.

Isis reconstitua le corps de son époux en reliant les morceaux à l'aide de bandelettes de lin.

Avec l'aide de sa sœur Nephtys, elle-même une puissante magicienne, Isis parvint à insuffler la vie à Osiris. Il fut ramené d'entre les morts et réussit à recouvrer sa virilité assez longtemps pour féconder Isis avant de mourir de nouveau.

C'est ainsi que naquit Horus.

Momies de l’Égypte ancienne

L'importance des momies

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Temples et rituels de l’Égypte ancienne

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Romains

Équipement militaire romain

La puissance de Rome reposait sur sa suprématie militaire et la nature fondamentalement militariste de sa société.

Les habitants ordinaires, pour l'essentiel des paysans et des éleveurs, rejoignaient l'armée pour protéger leurs terres et leurs familles.

En échange, les membres de cette armée civique recevaient le droit de vote.

Extrêmement disciplinés et respectueux de la hiérarchie, ces citoyens-soldats ont développé un fort sentiment de loyauté envers leur ville.

La qualité de l'armure du soldat romain dépendait de son statut social et de sa richesse. La cotte de mailles était l'armure la plus courante. La cuirasse segmentée, si souvent représentée de nos jours, est apparue après l'époque de César.

Les fantassins étaient équipés de grands boucliers ovales, tandis que les cavaliers employaient des boucliers plus petits d'origine grecque.

Les soldats transportaient leur équipement, y compris les outils nécessaires à la construction de fortifications et à l'édification des tentes.

L'armement des soldats romains était largement "standardisé". L'abdomen et le visage étant les endroits les plus visés, un légionnaire était équipé de deux armes de corps-à-corps : une dague et une épée courte appelée glaive.

L'une des armes romaines les plus ingénieuses était le pilum. Sa pointe tri- ou quadrangulaire pouvait percer une cuirasse et, si elle s'enfonçait dans un bouclier, elle se détachait du manche, ce qui empêchait de renvoyer l'arme.

Lors de leurs conquêtes, les Romains ont souvent adopté, parfois en les modifiant, les technologies ennemies pour les ajouter à leur arsenal.

Après la capture d'un vaisseau carthaginois, les Romains s'inspirèrent de ses plans pour améliorer les leurs et construire de meilleurs navires.

L'adaptation d'armes d'artillerie grecques a aidé les Romains à construire des catapultes et des balistes. Cette dernière arme devint emblématique de la guerre à la romaine.

Les forts romains

Sites de découverte

Megaris

La région de Mégaride, ou Megaris, relie la Grèce centrale au Péloponnèse par l'intermédiaire de l'isthme de Corinthe.

C'est une région propice à l'agriculture et à l'élevage.

Le nom de la ville de Mégare provenait du mot "megarizein", qui désigne un rite en l'honneur de Demeter et de Coré, lors duquel des porcelets et d'autres offrandes étaient jetés dans des cavités du sol (megara).

Les pièces arboraient souvent des cochons et des sangliers, et c'est une pièce de Lyttos, en Crète, qui fut choisie comme modèle pour l'étendard.

Les cochons, utilisés pour l'alimentation et les sacrifices, connaissaient aussi, parfois, des usages guerriers. Lorsque Mégare fut assiégée par le roi de Macédoine Antigone Gonatas, les habitants envoyèrent des cochons "en flammes" afin de vaincre ses éléphants.

Cet étendard puise son inspiration dans les monnaies de la cité d'Halicarnasse. Les brigands et pirates étaient associés à un ketos, un monstre marin rattaché à Poséidon, souvent représenté sur ces pièces à partir de 500-495 avant notre ère.

Le brigandage et la piraterie furent des fléaux dans l'Antiquité, et beaucoup furent tués ou asservis par de tels malfaiteurs.

Un ketos ressemble à un serpent marin doté d'une tête de dragon. Lorsqu'il avait un châtiment à infliger, Poséidon dépêchait un ketos. Il en expédia un à Troie afin de punir le roi Laomédon, et un autre attaquer l'Éthiopie afin de châtier le roi Céphée et la reine Cassiopée. Mais celui-là fut tué par Persée lorsqu'il sauva Andromède.




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